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1-M VOIE DE RENNES A QUIMPER

1 – M 

 

Voie de Rennes

 à Port-Louis (BLABIA)

et à Quimper (AQUILONIA)

   

 

            Quoique reconnue le long de son parcours sous le nom de Grand Chemin, cette voie n’est citée dans aucun document écrit. Partant de Rennes, elle passait par les communes du Rheu, de Mordelles, Treffendel et Paimpont où elle quittait le département, prenant la direction d’Hennebont. 

           Après le Pont-Lagot en Pacé, elle franchissait la RN12, pénétrait sur le territoire de Vezin, passait à la Ménardière, puis au Champ-Noël où elle coupait la D125. Elle longeait le bourg de Vezin par le sud-est à Salizart. Puis elle traversait la Flume à gué, au nord du lieu-dit le Tertre. Elle continuait dans la même direction jusqu'au golf de la Frelonnière dont elle traversait le bois de part en part ; on y reconnaît encore son tracé par endroits. Elle effectuait ensuite une courbe plus marquée vers le sud-ouest pour longer les Landes d'Apigné par l'ouest.

                                                        

 La voie romaine depuis Rennes

           Le suffixe gné des Landes d'Apigné accuse une origine gallo-romaine. A la Frelonnière, on a retrouvé des fragments de briques et de tegulae, tuiles plates à rebords, typiques de la période gallo-romaine. Ce genre de découverte est la preuve formelle d’anciennes constructions. 

             On retrouve son tracé plus au sud, au rond-point de la Croix Verte, D224 et D288, près du Bourg Nouveau, et on peut ainsi la suivre jusqu'au Mée pendant 400 m. Nous noterons au sud du Mée les toponymes les Milleries et la Chaussée. La voie disparaît ensuite mais sa direction générale indique Mordelles où elle pourrait avoir traversé la Vilaine.

            Un kilomètre à l’est de Mordelles, la voie pouvait passer par le lieu-dit le Grand-Chemin, et ensuite à la Rue du Pas. Toujours au sud, elle pouvait franchir le Pâtis puis le Pavail, près de Bréal-sous-Montfort.

            Tous ces toponymies de lieux précédemment cités, chemin, rue et pavail, sont de fortes références au passage d'une voie. 

            Au sud-ouest de Mordelles, celle-ci rencontrait ensuite le Châtelet, au nord de Bréal ou bien la Rue, au sud de Bréal.

            la Bouëxière, quatre kilomètres au sud de Mordelles, et 700 m au sud de l’ancienne route, pouvait se trouver un castellum protégeant la voie. Le nom de Bouëxière vient du latin buxeria, et désigne un vieux bois.

            Un autre la Boissière, 1 300 m au sud-est de Monterfil, a la même toponymie. Or, près du bois voisin, un vieux chemin a été longtemps reconnu sous le nom de Chemin Pavé. En cet endroit, on a retrouvé des briques, des tuiles plates, des poteries et quelques monnaies romaines (4). 

            Sept kilomètres plus loin, nous trouvons la Ruelle puis la Rue-es-Cholet, en Treffendel. Notre voie, sous la forme d’un vieux chemin, passe par la Rue-Gautier.

            INTERSECTIONS AVEC D'AUTRES VOIES :

             La voie pouvait rejoindre la voie de Vannes à Alet (voie 2-P), entre les communes de Saint-Péran et Plélan-le-Grand.  Outre les noms précédents, nous noterons le lieu-dit les Rues-du-Bois. Le toponyme rue, du bas latin rua, a le sens de voie ou route.  

            Notre voie coupait celle de Nantes à Corseul (voie 2-J), un kilomètre au sud du bourg de Le Verger, dont une chapelle primitive aurait disparu suite à un tremblement de terre.

            Quelques kilomètres plus à l’ouest, elle croisait ensuite la voie 2-K, de Rieux à Corseul, au bourg de Paimpont. L’existence de Paimpont est reconnue depuis la plus haute antiquité. Sur le territoire de sa commune, on a découvert des fours antiques et des sites de forges. La construction d’un premier monastère par Judicaël date du VIIème siècle 

               

 

 

                L’intérêt de cet axe pourrait être le transport du fer, métal que le peuple Vénète exportait déjà à l’époque romaine. Plus vers le sud-ouest, la ville d’Hennebont dans le Morbihan, se trouve aussi sur le tracé de la voie Si, à cette époque, les forges n’étaient pas encore en activité, le minerai était déjà exploité dans des carrières. Des découvertes archéologiques prouvent que ces deux sites, Paimpont et Hennebont, étaient déjà en activité avant l’époque gallo-romaine.  

              La ville de Port-Louis ou plutôt Blabia (5) semble marquer l’extrémité de la voie ainsi que l’endroit de sa jonction avec l’axe de Nantes à Quimper, cité sur la table de Peutinger. Le port de Blabia permettait l’exportation du fer à travers l’empire romain. 

            

 

AUTRE TRAJET POSSIBLE AU DEPART DE RENNES :

Certains ont pensé que le passage permettant de traverser la Vilaine se situait à Apigné, près de l’actuel Moulin d’Apigné. Et, dans ce cas, la voie aurait rejoint Mordelles par les Hauts-Ruisseaux et les Milleries (2), ou bien par Lieuron et Coutance. 

                                moulin d'Apigné

                                               Moulin d'Apigné, emplacement possible de l'ancien gué sur la Vilaine

 

AUTRE TRAJET POSSIBLE APRES MORDELLES :

           Si la voie avait plutôt continué au sud de Mordelles, en direction de Bréal-sous-Montfort, elle aurait pu passer, à l’ouest de Saint-Thurial, au village de la Poulnais, un ancien relais de poste et d’hôtellerie, situé 50 m au sud de la route nationale 24.

NOTES SUR LA VOIE :            

           Mordelles : Au village de Caserouge, près du passage de la voie, on a exhumé des briques et des monnaies gauloises. Saint-Sermon pourrait correspondre à un temple gaulois, remplacé plus tard, aux Ier et 2ème siècle, par un fanum gallo-romain avec sa cella (fouilles en 1977). Des gisements de tegulae ont été repérés en de nombreux endroits de la commune : la Rochelle, la Rionnelais, la Brunnelais, Maufaire, le Vau-Rozé, la Communais, la Salle Verte, la Talendière (dans la parcelle de la Vieuville à la toponymie intéressante), Calligné, Mézières, la Grande Pièce, la Biardais, les Etimbiaux, la Brassardière, le Châtelet et Vincé (ces deux derniers lieux près de la voie).

           Bréal-sous-Montfort : sur le site de la Boissière, des fouilles ont permis de mettre à jour les restes d'un fanum avec cella et galerie. Ses murs étaient en petits appareil et couverts d'un enduit. Au sud du bâtiment semblent apparaître les restes d'un second temple, plus petit celui-là. gisements de tegulae à la Vallée Régnier et aux Ponciaux.

              Treffendel :

            Plélan-le-Grand :

            Paimpont :

RENVOIS : 

(1) Société archéologique d'Ille-et-Vilaine. 

(2) allusion à la deuxième borne milliaire qui devait baliser la voie.

(3) Case Rouge vient du latin casa rubia, et semble indiquer une habitation gallo-romaine

(4) Histoire archéologique de l'époque romaine de la ville de Rennes - A. Toulmouche Pouillé de Rennes - Guillotin de Corson. Bulletin de la société archéologique d'Ille-et-Vilaine.

(5) Port-Louis serait l’ancienne Blabia ou Blavia, citée dans la Notice des Dignités de l’Empire, ou alors la Vindana Portus de la géographie de Ptolémée. Des monnaies, objets, ainsi que les vestiges d’un établissement romain y ont été exhumés.

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